samedi 22 juin 2013

Les hôteliers haut-savoyards se structurent pour limiter l’impact financier des agences en ligne



22/6/13 – Jeudi 20 juin, à l’invitation du Syndicat des CHRD Annecy j’ai eu le plaisir de pouvoir assister à la présentation faite par leur Président, Pascal DROUX, d’une démarche et d’un outil permettant aux hôteliers de contourner la suprématie des agences en ligne (OTA) et de favoriser la réservation en direct: Le Fairbooking (http://www.fairbooking.fr/). Cet ensemble de solutions est le fruit d’une réflexion à propos de la problématique de la réservation en ligne conduite en collaboration avec les clubs hôteliers de toute la France, fédérés dans l’association "Réservation en direct" (http://www.resaendirect.fr/).

En effet, à raison de 17 % de commission minimum sur les ventes générées par les OTA, les hôteliers estiment que ces frais de mise en marché sont élevés et surtout impactent leurs marges. Car, depuis quelques années malgré l’accroissement de ces frais, le chiffre d’affaires n’évolue pas vraiment. Alors les hôteliers indépendants, comme les grandes chaines, essayent de s’organiser pour générer plus de réservations en direct. C’est ainsi que FAIRBOOKING.fr est en train de naitre. Le principe est simple, il s’agit de mieux informer les clients et de procurer quelques avantages à ceux qui franchiraient le pas de la réservation directement sur les sites des hôtels. En France, une grande majorité d’entre eux utilisent deux systèmes de réservation dont RESERVIT qui leur permet d’accepter des réservations électroniques. En créant FAIRBOOKING.fr, les hôteliers espèrent retrouver leurs marges et contribuer à un acte citoyen en conservant en France le CA associé à ces prestations de réservation. Certes, un petit droit d’entrée est demandé suivi de quelques petits avantages qui devraient être fournis aux clients directs. Les initiateurs de ce projet proposant une fourchette de 5 à 10 % du CA. Le delta serait donc d’au moins 7 points de CA pour autant que la parité tarifaire soit maintenue avec les OTA. Sur point, les hôteliers ont engagé avec leurs syndicats et l’appui du Ministère du Tourisme des actions juridiques qu’ils espèrent gagner afin de pouvoir pratiquer délivrer directement des prestations à un prix de vente (avantages compris) inférieur à ceux des OTA.

L’initiative a le mérite d’exister même si certains ajustements juridiques et marketing restent à être précisés. Les clients devant théoriquement s’inscrire pour bénéficier de ces avantages (qu’est qui empêcherait un hôtelier indépendant de le faire sans ce label ?), Fairbooking pourrait se créer rapidement une base de données de plusieurs millions de prospects. Quid de sa maintenance et surtout de son exploitation. Je vois là un potentiel énorme qui pourrait donner les moyens à cette structure de générer de la demande, mais alors les frais d’inscription ne suffiront pas et il leur faudra alors se résoudre aussi à facturer des frais variables par réservation. Si actuellement la démarche consiste à résoudre le problème de commissionnement des OTA, un autre défi s’annonce avec les évolutions du principal moteur de recherche (Hotel finder, web sémantique, nouvelles approches du référencement naturel) qui laisse de moins en moins de place aux petites structures. Sachant que Priceline (maison mère de Booking.com) a dépensé plus de 1 milliards de dollars en 2012 chez Google, le géant des moteurs de recherche considère de plus en plus le marché du voyage comme une source de revenus potentiels ce qui pourrait se faire en faisant évoluer son modèle économique du coût par clics (CPC) au coût par action (CPA), c’est à dire la réservation qui pourrait dans ce dernier cas avoir un effet de levier très important.

Pour en savoir plus

Les nombreux hôteliers qui consultent cet article,  préfèreront sans doute mon blog e-Tourisme sous http://www.cyberstrat.net

http://www.fairbooking.fr/