samedi 1 juin 2013

Annecy : une “fashion place” ?

Flickr License  Some rights reserved by PondspiderCrédit photo : Flickr License clip_image002clip_image003clip_image004 Some rights reserved by Pondspider

édité le 2/6/13 - Leila LAMNAOUER a choisi de traiter un thème en recherche du sensationnel en titrant dans l’édition de l’Essor Savoyard du 30 mai : « Annecy met tout en œuvre pour attirer les gros portefeuilles ». Elle relate les points de vue d’Eric Reinier-Machenaud et de Pascal Droux qui font le même constat que de nombreux observateurs du tourisme en affirmant qu’ « il manque indéniablement un hôtel cinq étoiles » à Annecy. Jusque-là, j’adhère pleinement à ce constat complété par l’idée de positionner Annecy comme une « fashion place » à 30’ du centre-ville de Genève. Une idée que j’ai développée en ce qui concerne le tourisme d’affaires car notre ville détient tous les atouts pour mettre en oeuvre une stratégie de « piggyback » (*) avec Genève. La ville de Calvin accueille des hommes d’affaires et des touristes en provenance de toute la planète. Leur circuit traditionnel passe par les villages de Gruyère pour la double crème, son château et une fondue, Zermatt pour le Cervin est les chalets en bois et souvent Lucerne et les lacs avoisinants. Notre Venise des Alpes a définitivement une place à prendre dans ce programme non seulement pour ses canaux et sa vielle-ville mais aussi pour sa « French Touch » et son Euro relativement faible par rapport au Franc Suisse. Là encore, je rejoins les deux professionnels interviewés.

Cela suppose une mise en marché qui reste à développer tant pour la clientèle à la journée que pour des personnes qui pourraient choisir de séjourner au bord du lac et travailler, le cas échéant, à Genève en laissant femmes et enfants profiter de notre environnement exceptionnel. Il convient alors de pouvoir accueillir dignement cette clientèle fortunée dans nos établissements hôteliers. Quelques-uns peuvent le faire en mettant en avant leur charme. Dans cette catégorie je positionne l’Impérial. Mais espérer pouvoir lui faire obtenir une cinquième étoile est un défi difficile à tenir car indépendamment des conditions requises par la nouvelle norme de classement française, la structure et le positionnement géographique de cet établissement au milieu d’un parc public ne supportent pas la comparaison avec beaucoup d’autres 5* en France et à l’étranger. Pour vous en convaincre allez lire quelques-uns des 192 commentaires sur TripAdvisor qui ne classe (le 1/6/13) cet établissement que 22e sur 47. Alors, c’est sans doute sur ce point que mon avis diverge de celui du Président du syndicat des hôteliers et restaurateur.

Nous devons définir un lieu attractif et attirer un véritable cinq étoiles. Il doit appartenir à une chaine internationale tel qu’un W hotels de Starwood, Kempiski, Hyatt, Hilton ou encore des chaines issues des nouveaux marchés émetteurs de touristes comme Mandarin Oriental, Oberoï ou d’autres.

clip_image006Photo : W residence de Koh Samui

Effectivement une initiative publique pourrait se matérialiser sous la forme d’un appel d’offres pour accueillir une chaine de ce type. Cet hôtel ne doit pas être perçu comme une concurrence, mais comme un apport d’une nouvelle clientèle qui ne connait pas encore notre « fashion place ». Il serait intégré à un réseau de commercialisation bien implanté dans les pays émetteurs et devrait donc devenir un pourvoyeur de consommateurs pour le commerce annécien. Il viendrait se positionner en complément des projets du Petit-Port et de l’ancien hôpital où 110 chambres sont prévues.

Il aussi absolument nécessaire d’inclure un volet “ressources humaines” afin que les salariés et indépendants des professions de l’accueil opérant dans notre ville puissent avoir les qualités de savoir-être, de savoir-faire et les connaissances qu’une clientèle huppée à l’habitude de côtoyer. Cela passe par une formation accrue, notamment pour les langues, et aussi par une stratégie de recrutement et de pérennisation des emplois.

Je termine ce billet en insistant aussi sur le souhait que ce développement d’une clientèle aisée ne soit pas un handicap pour les annéciens qui doivent toujours pouvoir accéder aux lieux touristiques et ne pas souffrir économiquement des effets sur les prix que cette stratégie pourrait induire.

 

(*) « monter sur le cochon » : une expression marketing qui consiste à profiter de la force d’un partenaire pour vendre ses produits ou services.