samedi 1 mai 2010

Les retraites

clip_image0021/05/2010 - Au moment où j’écris ce billet, j’ai validé 171 trimestres de cotisation auprès des différents régimes de retraites. OUI, cent septante et-un trimestres et je dois encore attendre 18 trimestres avant de pouvoir toucher une partie d’AVS (Suisse) et d’une rente française, car en Suisse l’âge de départ est 65 ans comme dans la plupart des pays européens. Et en plus, une initiative populaire est en gestation pour porter cet âge de départ à 67 ans. Cela me fera donc 189 trimestres validés. C’est ainsi lorsque l’on commence à travailler jeune pour ce payer ses études !

Mais étant un col blanc, je ne suis pas pressé de m’arrêter et je trouve du plaisir à contribuer à mon environnement, à avoir des contacts sociaux, à faire partager mon expérience et mes connaissances avec d’autres. Je suis heureux de pouvoir continuer à faire des recherches, à écrire. Mais je comprends aussi que la pénibilité de certains emplois use d’autres travailleurs et qu’il serait donc tout à fait normal de prendre en compte ce facteur pour déterminer le point de départ de la prise en charge par la collectivité de ces personnes au titre de la retraite.

Cela dit, le Conseil d’orientation des retraites (COR) composé rappelons-le de 39 partenaires sociaux dont un grand nombre de syndicats confirme que nos régimes de retraite sont confrontés à une situation très difficile, qui menace leur pérennité.

Aujourd’hui, une retraite sur 10 n’est pas financée et, si nous ne faisons rien, ce sera une sur 6 en 2030.

Selon le scénario « médian » du COR, le déficit annuel sera de :

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L’augmentation de l’espérance de vie est à l’origine de cette situation.

· En 2010, en France, il y a 16 millions de retraités, ils seront 18 millions en 2020 et 22 millions en 2050.

· Le ratio actifs / retraités se dégrade considérablement :

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La réforme des retraites est absolument nécessaire, car la croissance ne pourrait, même dans le meilleur des cas, suffire à rééquilibrer le système.

Le meilleur scénario du COR (chômage[1] à 4,5 % à compter de 2024 et une croissance moyenne de la productivité de 1,8 %) prévoit un déficit annuel de 56 Md€ en 2030 et de 72 Md€ en 2050.

Le COR propose des pistes d’actions sur plusieurs axes :

  • Taux de cotisation
  • Durée de cotisation
  • Montant des rentes dans le cadre des retraites par répartition

Le système suisse que plus de 50'000 frontaliers connaissent pourrait être une source d’inspiration. Il se compose de 4 piliers :

1. Un système de base (AVS) qui permet à un travailleur de toucher sa retraite complète à 65 ans pour autant qu’il ait cotisé 44 ans soit 176 trimestres.

2. Un 2e pilier, obligatoire depuis 1982, permettant de constituer un capital financé paritairement par les employeurs et les employés avec un taux de rémunération des capitaux planché. Ce taux est malheureusement très faible étant proche de la rémunération des capitaux placés sans risque.

3. Un 3e pilier qui permet aux salariés de se constituer un capital complémentaire en franchise fiscale avec un plafond de versement annuel. Les taux proposés par les intermédiaires financiers étant un peu plus élevés.

4. Le recours à l’épargne personnelle non déductible fiscalement.

En conclusion, je suis favorable à un allongement substantiel de la durée de cotisation tout le modulant pour tenir compte des effets de la pénibilité de certains emplois. Pour assurer un minimum vital à tous les retraités, le système de retraite par répartition doit être maintenu et en parallèle la poursuite et l’encouragement à la constitution d’une épargne personnelle permettrait de responsabiliser les salariés tout en limitant le déficit. Toutefois, cette incitation doit être techniquement encadrée pour éviter les catastrophes financières en cas de crise boursière ou à l’inverse pour ne pas transformer cette manne en un eldorado pour les institutions financières qui seraient tentées de proposer des rendements trop proches des taux d’inflation.


[1] J’ai beaucoup de mal à croire que notre pays sera capable de revenir à un taux de chômage aussi bas compte tenu du contexte international et de la croissance annoncée des pays de la zone BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).