vendredi 12 avril 2013

Contre le striptease financier des élus

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L’attitude de l’ancien Ministre du budget m’écœure comme celles de nombreux autres élus qui ont d’une manière ou d’une autre transgressé les lois de la République dans le passé et probablement le font encore. Mais faut-il pour autant lancer une vaste opération de publication des données financières des élus ? Ceux qui veulent mettre capitaux et revenus sous le tapis continueront à le faire comme aujourd’hui. Je crains surtout que cette soudaine bouffée d’éthique soit avant tout une démarche électorale et sociologique qui mettrait au pouvoir des personnes qui auraient une aversion marquée pour la réussite financière.

En France, nous pouvons déjà observer un fossé sociologique entre la majorité des citoyens qui peine à dépasser 1500 € de salaire mensuel et nos élites du monde économiques, artistiques et politiques qui jouissent de revenus nettement plus élevés. Cela a un impact sur les choix électoraux. Je crains donc, en cas de publication généralisée, qu’une fois de plus les personnes ayant accumulé ou hérité d’un patrimoine soient exclues des missions de gestion de la nation. Dans un article de Rue 89, Elisabeth Guigou (PS, Seine-Saint-Denis) ne dit pas autre en déclarant « Je trouve bien que les gens sachent à qui ils ont affaire mais il faut les mêmes critères pour tout le monde, et surtout il convient d’opérer un distinguo entre ce que la commission pour la Transparence financière de la vie politique doit savoir et ce qui doit être rendu public. ». Pour conclure, je partage entièrement le point de vue de Marc-Philippe Daubresse (UMP) qui rappelle (dans ce même article) qu’il n’y aura là qu’un grand élan de démagogie si on ne donne pas « de vrais pouvoirs de contrôle à une autorité et à un parquet spécialisés ».