mardi 11 septembre 2012

Comment peut-on éviter à la France d’être le maillon faible de l’Europe ?

Un article de la revue économique Suisse : l’AGEFI a particulièrement retenu mon attention au lendemain de l’annonce du Président de la République d’imposer une contribution supplémentaire de 20 milliards d’Euros supplémentaires aux agents de l’économie réelle et d’annoncer un effort supplémentaire de 10 milliards sous forme de réductions budgétaires des dépenses de l’Etat en supposant que cela puisse effectivement se matérialiser en particulier pour le second point tant la mesure est éloignée du cap social qu’il avait annoncé à ses électeurs durant la campagne.

AGEFI 110912 France maillon faible

Samedi 15, je serai à Samoëns pour écouter les candidats à la présidence de l’UMP avec l’espoir naïf de les entendre parler de projets pour la France, des actions qu’ils entendent mener pour contribuer au redressement du pays. J’espère comme un gamin qui croit au Père Noël ne pas (trop) les entendre critiquer le pouvoir actuel mais au contraire d’apporter leur support pour que nous soyons plus perçus à l’étranger comme le maillon faible de l’Europe. Car c’est bien cela dont il s’agit, j’ai l’impression que face à la gravité de la crise nous sommes toujours en train de remettre en cause les actions de ceux qui sont au pouvoir. Certes les options sont nombreuses entre mesures d’austérité et relance de la croissance.

Le journaliste de l’AGEFI est loin d’adhérer à l’approche qui consiste à ponctionner 20 milliards d’euros aux agents économiques ce qui peut se comprendre et je suis certain que les ténors de l’UMP reprendront en cœur ce couplet samedi au bord du Giffre. Il remarque que cette stratégie n’est pas celle de la BCE plus orientée vers le soutien à l’économie (une option qui n’avait d’ailleurs pas été retenue par le précédent gouvernement) car cette seconde option ne garantit pas plus que la première le redressement de l’économie à long terme. Le risque inflationniste existe aussi et il apparait que le retour à un déficit maximum de 3 % soit une priorité pour ce Gouvernement comme elle l’était pour le précédent.

La vérité est ailleurs. Ailleurs sur le plan géographique. On nous rabâche en Europe que le Monde est en crise. Faux ! Les économies des pays du BRIC se portent à merveille même si la croissance de leurs PIB est légèrement redescendue. Ne seriez-vous pas heureux de pouvoir observer que notre PIB augmente de 9.2 % en 2012 ? Ce pourcentage d’augmentation est celui engrangé par les chinois. Nous sommes donc en présence d’une évolution majeure des équilibres économiques mondiaux qui engendrent un bouleversement de la répartition des revenus et donc de notre pouvoir d’achat. Il n’est pas nécessaire d’avoir un Prix Nobel d’économie pour comprendre que si les acteurs d’un pays ne sont plus capables de générer de la valeur (alors que d’autres le sont), l’ensemble des acteurs économiques du salarié au dirigeant d’entreprise local doivent admettre que leur niveau de vie baisse. Mais cette vérité ne peut être déclinée par un homme politique qui doit séduire son électorat avec des promesses.

La France est sortie du TOP 20 des pays ayant la meilleure compétitivité. Alors de Monsieur BONTAZ n’est pas le premier à quitter notre pays pour aller installer ses usines de productions là où les talents, les compétences et la main d’œuvre sont moins chères. Même si les 35 h et de manière plus globale notre système social engendre des coûts de production plus élevés qu’ailleurs, ce ne sont pas les seuls paramètres. La faible taille de nos entreprises, le faible niveau d’innovation des PME, leur faible capitalisation sont tout aussi importants. La lourdeur de notre démocratie avec son mille-feuille et les centaines de milliers de fonctionnaires mis à son service est aussi facteur contribuant à ce que la France soit championne de la pression fiscale.

Alors j’espère que la base que nous représentons pourra lors ces agapes septimontaines envoyer un message aux ténors de la droite pour qu’ils se rassemblent très vite et surtout qu’ils adoptent une attitude positive aux côtés d’un gouvernement avec lequel ils ne partagent pas toutes les initiatives afin que la France ne soit pas le maillon faible de l’Europe.
11.09.12