dimanche 28 février 2010

La liste UMP en Haute-Savoie pour les régionales = Expérimentation + Professionnalisation

28/02/10 - Ce n’est pas ma culture suisse qui me fait réagir aussi longtemps après l’annonce de la liste des partis de droite pour les élections régionales, mais la nécessité de comprendre comment les choix ont été faits et pourquoi certains noms apparaissent en position éligibles et d’autres pas. Cette liste est séduisante à plus d’un titre par ses caractéristiques de professionnalisation et d’expérimentation proposées. Mais, je dois avouer n’avoir pas tout compris. Alors si vous êtes un lecteur éclairé, vous pouvez apporter des explications supplémentaires dans vos commentaires.

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Source : Dauphiné Libéré du 9 février 2009

Le rôle des Conseillers Régionaux est mal connu et pour cette élection, l’enjeu n’est pas aussi important que par le passé parce qu’ ils seront investis que pour trois ans, juste le temps de finaliser la nouvelle organisation qui doit aboutir à la fusion des rôles des conseillers régionaux avec ceux des conseillers généraux et ainsi donner naissance aux Conseillers Territoriaux qui exerceront probablement dans les deux assemblées. Sachant que tous les sondages annoncent la gauche gagnante dans notre région et que dans ce cas, les possibilités d’influencer la politique régionale par les conseillers de droite seront sensiblement réduites, les postes clefs étant réservés aux partis majoritaires, que pouvait faire la droite pour établir cette liste ?

En regardant, la composition de cette liste j’observe deux grandes tendances : La professionnalisation et l’expérimentation.

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La professionnalisation avec l’arrivée de plusieurs attachés parlementaires qui connaissent parfaitement les dossiers qu’ils devront traiter. C’est le cas de l’avocate Sophie DION qui fera bénéficier la Région de ses appuis nationaux étant actuellement au service de la Présidence de la République. C’est aussi le cas de Virginie MULLER et de François CARBONNEL qui sont respectivement les attachés parlementaires des Députés Claude BIRRAUX et Bernard ACCOYER aussi Président de l’Assemblée nationale. Là encore, ils seront - sans doute - des interlocuteurs compétents et pourront apporter des arguments de poids pour influencer les décisions futures. En vieux renard de la politique, Jean-Claude CARLE est là pour les guider dans leurs premiers pas à Charbonnière. Car n’oublions pas que la politique c’est aussi un jeu d’influence, de lobbying et de relations tout autant que de l’application de techniques ou d’avis d’experts.

L’expérimentation, car on ne devient pas un homme d’Etat du jour au lendemain. Des jeunes peuvent avoir l’ambition d’influencer leur cadre de vie, de prendre des responsabilités, d’apporter des idées nouvelles. Mais, faut-il encore qu’ils aient un référenciel et qu’ils puissent sans trop prendre de risques pouvoir observer le mode de fonctionnement des hommes politiques. Alors, cette élection est une opportunité unique, car l’exercice de ce mandant présente toutes ces caractéristiques. Ils pourront ainsi pendant trois ans apprendre et pouvoir s’ils en démontrent les capacités humaines et la motivation, se lancer dans d’autres aventures politiques en 2014. Sur ce point, Sophie DION ne cache pas son ambition en réponse à un journaliste du Messager. C’est dommage pour des conseillers sortants comme Serge HAZARD ou Astrid BAUD. Je crois pour ma part que le sacrifice de la seconde peut en faire une victime. Si elle sait exploiter sa nouvelle situation et le temps qui lui sera donné, elle pourra se positionner pour d’autres mandats politiques encore plus importants. Je ne peux m’empêcher de regretter qu’en politique comme dans l’entreprise, on soit considéré comme un sénior dès 50 ans…sauf si vous êtes au sommet de la hiérarchie. Au regard, des qualités humaines et techniques que devraient détenir un représentant du peuple, certains membres de la liste auraient mérité d’être mieux préparés pour défendre les idées et dossiers dont ils seront les porteurs. Mais n’est pas là le résultat de négociations habiles et complexes ?

N’oublions pas que la situation économique actuelle a, et va avoir, des retombées sociales et politiques importantes pour les prochaines échéances politiques. Le Monde souligne ainsi dans un article du 9 février que 20'000 emplois ont été perdus en une année dans la région. Au niveau, local des emplois ont pu être maintenus, en particulier dans la vallée de l’Arve, grâce aux multiples aides publiques, mais pour combien de temps sachant que le décolletage est bien plus confronté à une crise structurelle que conjoncturelle ? Genève reste le premier pourvoyeur d’emplois en Haute-Savoie voit aussi son économie s’essouffler et les travailleurs frontaliers deviennent la cible de certains partis politiques. En conséquence, en plus des licenciements potentiels, c’est le moteur économique qui marque une pause. Les départs à la retraite ne sont pas remplacés, cela touche les jeunes qui trouvent de plus en plus difficilement des emplois à proximité. Nos futurs conseillers régionaux ne pourront pas, en trois ans, changer les orientations actuelles qui ne sont pas toutes mauvaises ! Par exemple, le journaliste du Monde souligne les efforts entrepris par l'exécutif régional en direction de l’enseignement supérieur. Efforts qu’il convient de maintenir, car tous les experts s’accordent pour admettre que l’innovation est le moteur de l’économie et qu’elle est souvent le fruit de la recherche. Il reste donc à s’assurer que les 183 millions d’euros apportés par le Conseil Régional soient bien utilisés. Mais comment évaluer les politiques d’investissements ?

La liste présentée par les partis de droite est une liste de candidats pour préparer la relève politique à long terme qui doit aboutir à l’émergence de nouveaux leaders au cours de la prochaine décennie. Il devront et leurs qualités les préparent à cela, être autant de force de proposition pour faire avancer les dossiers régionaux.