vendredi 3 mai 2013

Le Mouvement Citoyens Genevois (MCG) considère les frontaliers comme des ennemis.

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Jusqu’à présent, je me suis abstenu de tout commentaire relatif à la vie politique genevoise, mais cette nouvelle provocation du MCG, je ne l’accepte pas car elle remet en cause mon intégrité. Je vis professionnellement dans ce pays depuis 33 ans. J’ai apporté mon éducation financée par la France, mon dynamisme, les fruits de mon travail et ceci en toute amitié pour les nombreux Helvètes. J’ai eu la chance de pouvoir trouver des emplois qui sont effectivement rares en Haute-Savoie. En qualité de cadre j’ai pu jouir d’un salaire certes un plus élevé mais pas autant que cela car pour les postes de direction le marché de l’emploi n’a pas de frontière. Même si en qualité de frontalier, lors de licenciements économiques j’ai eu le déplaisir d’être sélectionné avant d’autres collègues et c’est encore la France qui doit payer dans ces cas l’addition.

Le SECO (Ministère de l’économie) ne reconnait-il pas que cet apport de main d’œuvre et de connaissance contribue pour 1% du PIB du pays ?

Je n’ai jamais agi en qualité d’ennemi des Genevois. Bien au contraire, tel un caméléon je me suis, comme beaucoup d’autres travailleurs, fondu dans le paysage socio-économique en adhérent et participant à plusieurs associations professionnelles du Cercle des dirigeants d’entreprise au Club de marketing suisse. J’ai des amis et j’ai travaillé avec plusieurs personnalités du monde politique genevois sans problème, il est vrai que personne m’a signalé son appartenance au MCG à l’exception d’un cas il y a une vingtaine d’année d’un collègue appartenant à l’époque au parti « Vigillance ». Lorsque j’étais en position de recruteur mon souci a toujours été de choisir des citoyens genevois afin de ne pas être taxé de favoritisme frontalier. Je finis ma carrière en transférant mon savoir-faire, mon savoir-être et mes connaissances à des étudiants suisses, ce n’est en aucun cas une attitude ennemie.

Dans de nombreux cas nous avons le même sang car nos ancêtres n’avaient pas les mêmes frontières administratives qu’aujourd’hui. L’abricotine « Morand » dont vous délectez est fabriquée par de lointains cousins.

Cela dit, je comprends que la forte augmentation de travailleurs venant de France voisine créé un problème sociologique.

Amis suisses, ne cédez pas au populisme !

Cette main d’œuvre, le canton en a absolument besoin. Sans infirmière, conducteur de bus, serveur, informaticien et bien d’autres vous ne pourriez pas accueillir autant d’entreprises et d’organisations internationales. Je crains que certains employeurs finissent par choisir de s’installer dans un autre pays s’ils ne pouvaient recourir à de la main-d’œuvre sur place. Genève risque de perdre encore plus vite son industrie et les emplois facilement délocalisables de son secteur tertiaire.

Nous ne sommes en aucun cas vos ennemis mais au contraire les bras et cerveaux qui contribuent à faire de Genève l’un des pays avec le plus haut niveau de vie de la planète.