samedi 16 juillet 2011

Le numérique, une chance pour l’Europe

“Le numérique, une chance pour l’Europe” n’est pas mon titre mais celui d’un article des Echos daté du 15/7/11 sous les plumes de JEAN-BERNARD LEVY, RENÉ OBERMANN ET BEN VERWAAYEN. Pour une fois, je fais un peu de presse clipping ou pour être dans la tendance actuelle du Net : de la curation.


Si l'Europe veut conserver sa compétitivité et sa place de précurseur et de leader dans les secteurs de la technologie, du multimédia et des télécoms, elle doit se doter de la meilleure infrastructure numérique possible. Comme l'a évoqué Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée du Numérique et des Communications, l'opération implique de gros investissements.

Mercredi, lors d'une réunion avec Neelie Kroes, nous avons présenté une approche inédite pour faire face à l'explosion de la demande de connectivité numérique et du trafic de données. Le trafic de données Internet sur les réseaux fixes progresse de 35 % par an quand celui qui transite sur les réseaux mobiles bondit de plus de 100 %.

Si nous échouons à fournir la connectivité nécessaire pour accéder aux services numériques, les conséquences pour l'Europe seront désastreuses. Les réseaux haut débit sont des vecteurs clefs de création d'emplois, d'innovation et de croissance. Les consommateurs et les entreprises auront besoin de connexions toujours plus rapides. L'enjeu est donc la compétitivité de l'Europe.

Les objectifs du « Digital Agenda » sont extrêmement ambitieux. Tous les Européens doivent avoir accès au haut débit de base d'ici à 2013 et à des vitesses de 30 Mbits/s en 2020. D'ici là également, plus de la moitié des ménages s'abonneront à un service haut débit supérieur à 100 Mbits/s. Les objectifs de 2020 ne seront atteignables que s'ils s'appuient sur des modèles économiques durables et une exploitation plus efficace de ressources rares. Un modèle basé uniquement sur le prix ne pourra en aucun cas renforcer la compétitivité. Nous voulons un marché juste, où tous ceux qui travaillent dans le secteur de l'Internet (ou autour) auront la certitude que celui-ci aura un développement pérenne. C'est ce que nous appelons un « Internet à la carte ».

Seules les entreprises en bonne santé, capables et prêtes à investir massivement, seront en mesure de déployer les réseaux à haute vitesse qui offriront ce choix. La Commission européenne estime que le déploiement du haut débit dans tous les foyers européens exigera des investissements de l'ordre de 180 à 270 milliards d'euros. Le financement public peut jouer un rôle majeur dans les régions où, sans lui, le déploiement de réseaux d'accès de nouvelle génération serait impossible, mais une chose est claire : le financement des investissements doit provenir en majorité du secteur privé, et principalement des opérateurs télécoms. Le secteur, les décideurs et les consommateurs s'accordent à dire que la suite de la « success story » de l'Internet dépendra largement du déploiement en temps voulu des réseaux mobiles et fixes de nouvelle génération. Il est capital que le futur cadre réunisse les conditions adéquates pour ce déploiement. Il s'agit de promouvoir un « Internet à la carte », fondé sur des conditions nationales voire régionales, permettant aux fournisseurs de proposer des offres différenciées et d'encourager le co-investissement dans les zones non-concurrentielles. Notre secteur est prêt à prendre des responsabilités et à faire les choix d'investissement nécessaires pour aider l'Europe à asseoir sa position dans le monde et à offrir à ses citoyens un Internet haut débit ouvert et accessible à tous.

Jean-Bernard Lévy est président du directoire de Vivendi, René Obermann est directeur général de Deutsche Telekom et Ben Verwaayen est directeur général d'Alcatel-Lucent