mercredi 19 août 2009

Absence des français dans les comités scientifiques des conférences internationales dédiées au tourisme.

clip_image002Avec 6.2 % de son PIB généré par le Tourisme, la France revendique être la première destination mondiale en terme d’arrivées sur le territoire, mais la 3ème destination en termes de nuitées, ce qui n’est pas si mal. Nous jouissons pleinement des atouts que nous a donnés la nature avec les paysages variés de nos côtes et de nos montagnes, le tout sous un climat tempéré au milieu d’un continent qui se porte plutôt bien sur le plan économique. Mais qu’en est- il du futur de cette industrie ? Nos institutions sont-elles armées pour affronter les nouveaux concurrents ? Les professionnels disposent-ils des moyens (au sens large) pour résister à cette concurrence ? C’est autant de questions que se posait récemment l’Institut Français du Tourisme en insistant particulièrement sur la quasi-absence de la recherche dans ce secteur industriel. Inquiétant lorsque dans cette même réunion certains avançaient la possibilité pour notre pays de pouvoir espérer gagner des parts de marché et porter le poids de cette industrie à 8.5 % du PIB.

Je viens de recevoir un « call for paper » pour la 17ème conférence internationale annuelle d’ENTER (International Conference on Information Technology and Travel & Tourism IFITT's Global Travel & Tourism Technology and eBusiness Forum) qui se tiendra les 10 et 11 février 2010 à l’Université de la Suisse italienne à Lugano. Il aurait été surprenant de trouver beaucoup de français dans un événement de cet ampleur, mais je reste néanmoins surpris de notre sous-représentation au comité scientifique…et je suis tolérant, car si le professeur Peter O’Connor représente l’ESSEC dans ce comité, il n’en reste pas moins écossais ! Donc zéro français pour défendre les couleurs de la première destination touristique en nombre d’arrivées, mais 11 Américains, 6 autrichiens, 5 anglais, 4 suisses, 2 chinois, 5 italiens, 4 allemands, 3 japonais, 3 australiens, 3 grecques, 1 néozélandais, 1 hollandais, 1 Belge. Certes, il existe de nombreuses autres conférences organisées par des privés (PhocusWright, EyesforTravel,…) mais j’ai pu observer que nous étions toujours aussi peu nombreux à venir chercher de la connaissance dans ce genre de congrès. Et sans intelligence économique, le réveil risque d’être difficile et surtout les espoirs d’une progression de deux points du PIB risquent de n’être qu’un vœu sans suite.

A quelques mois des élections régionales et plus particulièrement dans les deux Savoie où l’industrie touristique à un poids presque le double (12 % du PIB, 8 % des emplois) de celui de la nation, il est primordial que des actions soient inscrites dans les programmes des candidats pour maintenir l’activité de ce secteur. La réflexion d’Astrid Baud-Roche une des candidates aux élections régionales sur Facebook m’a d’ailleurs incité à écrire ce billet. Ceci me semble d’autant plus important que notre environnement se réchauffe au point de mettre en péril une partie des activités des stations de montagne particulièrement en hiver. Cela suppose donc une vraie réflexion quant à la nature des produits et services offerts, mais aussi sur tous les thèmes proposés par la conférence « ENTER » de Lugano.

- Customer centricity
- Consumer inspiration through ICTs
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- Web 2.0
- Travel 2.0 and Social networking
- Online advertising
- Disruptive technologies
- eLearning for Tourism
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- Accessible eTourism design
- Cloud computing
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- Geographical Mash ups
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- Interoperability & Interconnectivity
- Cultural heritage & ICT
- Recommender systems

Je n’imagine évidemment pas que nos représentants régionaux ou nationaux deviennent des experts de ces sujets…bien que rien ne l’interdise. Mais, ils sont en charge de s’assurer que les techniciens d’Atout France, des CRT ou plus égoïstement de notre agence « Savoie- Mont-Blanc Tourisme » mais aussi des universitaires aient la curiosité, la volonté, le temps et l’argent pour consacrer une partie de leur temps pour confronter leurs actions à celles de nos concurrents. Cela suppose donc qu’une vision à long terme soit articulée et que tous les aspects de cette problématique soient considérés. Sans vouloir alourdir ce billet, je pense au statut des enseignants, voir la création de vrais instituts chargés de la formation en tourisme, les aspects sociologiques sont aussi un vrai défi pour les communautés qui devront changer leurs activités, cela passe aussi par des modes opérationnels et de financement sans doute différents de ceux actuellement en vigueur. Alors si vous avez des idées, ou des contributions, n’hésitez surtout pas à commenter ce billet et à vous inscrire pour un séjour à Lugano entre le 10 et le 12 février. Je vous assure que la ville est agréable à cette époque (j’ai eu le plaisir d’y séjourner 2 ans pour des raisons professionnelles) et les contributions seront certainement d’un excellent niveau.