lundi 10 mars 2014

PARKINGS AUTOUR DU CENTRE DES CONGRES

Elire un maire est un exercice démocratique qui donne de plus en plus les pleins pouvoirs à cette personnalité pour prendre de manière quasi solitaire des décisions importantes pour la vie de la citer. Dans un premier temps, la loi électorale donne une majorité à la liste gagnante garantissant ainsi également une majorité pour l’ensemble des votes sauf dissension au sein de l’équipe. Celles-ci sont rares, car le maire peut très rapidement supprimer les délégations de pouvoir et les indemnités souvent attachées à celles-ci. Autant dire que pendant toute la durée du mandat les possibilités d’opposition à un ou des projets reste faible. C’est précisément le débat que nous avons dans le bassin annécien. C’est aussi une règle du jeu démocratique qui nous permet de nous positionner en fonction des projets annoncés des candidats et non de leur appartenance politique.

Si globalement la ville n’a pas de gros problème actuellement, quelques projets sont loin de susciter l’unanimité des citoyens, quelle que soit leur appartenance politique. Les choix architecturaux et d’urbanisation des Trésums et surtout le centre des congrès.

Une stratégie de développement du tourisme d’affaires demande une réflexion beaucoup plus large afin de prendre en compte beaucoup d’autres aspects. Je me suis rendu aux différentes réunions organisées pour présenter le projet aux citoyens, j’ai fouillé les délibérations de la C2A, mais on ne parle que d’infrastructure. Pour autant qu’il soit opportun de créer en France une nouvelle structure de 800 places (j’en doute et j’ai proposé une autre alternative high-tech dans une chronique publiée dans l’Eco des Pays de Savoie du 7 février 2014) faudrait-il encore prendre toutes les mesures nécessaires pour que son fonctionnement futur soit optimum et surtout attractif pour un gestionnaire. Le lieu actuel le contraindrait l’exploitant à travailler que quelques mois dans l’année, car l’été non seulement les hôtels sont pleins, mais il difficile d’imaginer la cohabitation des congressistes avec les baigneurs et touristes. Et puis, si Annecy présente un intérêt certain en été, la grisaille de l’automne à toutes les chances de faire fuir les organisateurs potentiels. Revenons donc à une hypothèse où les hommes et femmes d’affaires s’enterraient quelques heures par jour pour travailler dans les sous-sols de ce magnifique bâtiment, que feront-ils en fin de journée ? Ils rejoindront un hôtel éloigné du centre-ville du Novel au Trésums quand cela pas Menthon Saint-Bernard ou ceux des stations des Aravis.

Les parkings

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On me dit aussi que les parkings ne poseront pas de problème, statistiques à l’appui ! Habitant proche d’Albigny, je peux témoigner que les parkings existants sont très souvent pleins même en semaine en dehors de la saison. Allons-nous « privatiser » ces parkings pour renvoyer les Annéciens au nord de la Ville ou sur d’autres parkings très éloignés du parc Charles Bosson ?

Au 57 millions annoncés, il serait absolument indispensable de budgéter un parking silo sur un terrain à acquérir, louer ou prendre en concession. Ce point est d’autant plus important que l’ambition est aussi d’accueillir quelques expositions. Quelle que soit la taille de celles-ci, elles sont toujours associées à un ballet de camions de livraison précédent l’installation des stands et pour leur démontage. Où va-t-on et comment ces livreurs vont-ils circuler autour du bâtiment projeté ? Prenons un petit congrès avec une centaine d’exposants, c’est aussi une centaine de camionnettes, de camions et d’engins de transports qui doivent se rapprocher à quelques mètres de la salle d’exposition voir dans certains cas pouvoir y entrer.

En sachant que pour les congrès (différents des réunions de motivation/incentive), l’attrait d’une destination ne compte que pour que 4% dans le choix des organisateurs, ne nous trompons-nous pas de cible ?

Mes recommandations sont à deux niveaux d’ambition :

1) On revient à l’idée d’origine en créant une structure d’accueil sur le haut d’Annecy-le-Vieux qui offre une vue magnifique sur le lac et les montagnes environnantes. Tous les problèmes de parkings et de circulation seraient ainsi résolus beaucoup plus facilement. Le coût serait très inférieur et nous garderions l’espace à proximité du lac comme centre d’intérêt touristique.

2) Beaucoup plus ambitieux et complexe, mais d’un intérêt plus que certain. J’imagine transférer les bureaux de notre cité administrative vieillissante à l’entrée nord de la Ville proche de l’autoroute. Les fonctionnaires trouveraient ainsi une nouvelle structure d’accueil aux normes d’isolation actuelles. L’espace ainsi libéré serait concédé à une chaîne hôtelière internationale qui prendrait en charge la construction d’un complexe hôtelier comportant les salles de conférences requises et une grande partie des parkings. La création d’un parking silo sous la place de la préfecture pourrait aussi venir augmenter la capacité de stockage des véhicules et pourrait être l’opportunité de créer un square supplémentaire dans le prolongement du Pâquier. Le coût serait celui d’une nouvelle cité administrative (l’actuelle devra de toute façon subir un lifting important) et l’arrivée d’un nouveau fleuron de l’hôtellerie devrait servir de locomotive pour tous les acteurs du tourisme.