jeudi 13 mars 2014

Annecy–Tourisme d’affaires : une infrastructure hôtelière qui demande à être considérablement renforcée

Pour accueillir des « touristes » d’affaires, il est absolument nécessaire de disposer d’un stock de chambres 3, 4 voire 5 étoiles. Annecy ne dispose pas de cette capacité d’accueil même en comptant les deux nouveaux établissements programmés sur le terrain de l’ancien hôpital (110 chambres) et du garage KIA au Petit-Port. Le bassin annécien ne dispose que de 540 chambres en 4*. De plus, l’activité saisonnière de notre ville permet d’accepter un nouveau flux de tourisme important qu’en dehors de la période estivale, car nous observons déjà un taux de remplissage de 72 % et une moyenne annuelle de 59 %.

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Un taux d’occupation maximum en été (72%) avec une moyenne de 59 %  selon KPMG 2013

Les villes concurrentes disposent toutes d’un parc conséquent. Ainsi, la notoriété du centre des congrès de Cannes tient à la qualité de l’hôtellerie au bord de la Croisette avec ses 23 hôtels 4 et 5 étoiles offrant 1300 chambres auxquelles viennent s’ajouter 1000 chambres des 32 établissements 3 étoiles, 2000 chambres en résidence et de nombreux autres hôtels de moindre catégorie.

En ce qui concerne le bassin annécien, 30 % des établissements sont fermés en hiver certainement par l’absence de perspective de CA mais probablement aussi parce que les exploitants détiennent aussi des activités en dehors d’Annecy pendant la saison hivernale.

Pierre Hérisson tirait voilà quelques mois “… la sonnette d’alarme. Il y a une baisse significative du nombre d’hôtels indépendants sur les bords du lac, notamment sur la rive gauche, comme sur le plan national où l’hôtellerie familiale perd 10 à 12’000 chambres par an.» dans une interview récente pour l’Essor Savoyard.

La capacité hôtelière de la ville est effectivement limitée[1] Les grandes chaines hôtelières internationales[2] ne sont pas (encore) présentes sur les bords du lac.

Vous comprendrez donc que le succès d’une stratégie de tourisme d’affaires n’est pas lié uniquement à la disponibilité de salles de réunions, mais aussi d’autres aspects dont celui de l’hébergement qui doit également faire partie du projet. Beaucoup de chaines internationales sont d’ailleurs prêtes à assumer la charge financière financière de ces centres afin de pouvoir remplir leurs chambres en particulier durant la basse saison. Je préconise donc de trouver un lieu pour installer un hôtel d’environ 300 chambres et de trouver un exploitant qui assumerait le coût de l’infrastructure.

J’imagine transférer les bureaux de notre cité administrative vieillissante à l’entrée nord de la Ville proche de l’autoroute. Les fonctionnaires trouveraient ainsi une nouvelle structure d’accueil aux normes d’isolation actuelles. L’espace ainsi libéré serait concédé à une chaîne hôtelière internationale qui prendrait en charge la construction d’un complexe hôtelier comportant les salles de conférences requises et une grande partie des parkings. La création d’un parking silo sous la place de la préfecture pourrait aussi venir augmenter la capacité de stockage des véhicules et pourrait être l’opportunité de créer un square supplémentaire dans le prolongement du Pâquier.


[1] Cela a été un des points soulevés par la commission d’évaluation des JO 2018 «Annecy has a low accomodation capacity. Spread of accomodation and the nb of establishments involved would create operational and financial challenges… » - Source : rapport d’évaluation du CIO .
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[2] type Mandarin Oriental, Hyatt, Hilton, Oberoï, Kempiski ou toute autre chaine qui pourrait accueillir nos hôtes internationaux aux normes 4 ou 5 étoiles