A la demande du Ministère de l’Economie, le cabinet Coe-Rexecode a remis le 14 janvier un rapport qui présente une analyse comparative des PME allemandes et françaises riche d’enseignement. La constatation la plus marquante est une dégradation constante de l’écart de l’indice de la production industrielle entre les pays émergents avec celui de nos pays industrialisés. Si nous stagnons depuis 10 ans en ce domaine, l’indice des pays émergents a simplement été multiplié par deux durant la même période ! De plus, alors que le mot « crise » reste au cœur de tous les discours des élites françaises, l’indice de ces mêmes pays a bondi de 40 points depuis 2008 soit environ 20 %.

Source : étude Coe-Rexecode « Mettre un terme à la divergence de compétitivité entre la France et l’Allemagne » - 14/1/2010
L’enjeu de ce rapport était aussi de comprendre pourquoi nos amis allemands plus performants que nous. Ainsi le poids de la valeur ajoutée industrielle représente plus de 20 % du PIB chez eux contre 11 % en France. Ce poids progressait avant la récession. Il reculait en France. Et surtout, la reprise a été beaucoup plus marquée outre-Rhin que chez nous.

Le rapport décrit 12 pistes pour justifier cet écart de productivité. J’en ai retenu une qui me paraît particulièrement pertinente lorsque l’on élargit cette analyse aux pays émergents : la taille de nos entreprises. Alors qu’entre 1999 et 2007 le nombre moyen de salariés des entreprises françaises passait de 15 à 14, celui des Allemands n’augmentait encore de 3 personnes en atteignant 35 salariés en moyenne. Difficile dans ces conditions de rivaliser dans bien des domaines que cela soit au niveau des économies d’échelles ou des capacités de R&D voire de mise en marché à l’export.

Source : Statistiques structurelles des entreprises, Eurostat
5 priorités pour limiter les dégâts !
1. Prendre en compte l’impératif de compétitivité dans toute réforme de la fiscalité
2. Améliorer notre « capacité à travailler ensemble » pour s’adapter au changement économique
3. Accorder une plus grande importance au capital humain
4. Axer plus nettement l’effort de formation et de recherche sur le couplage recherche-industrie et le process industriel.
5. Mettre en œuvre une mesure forte et urgente de recalage de nos coûts industriels.
Chacune de ces priorités est justifiée dans ce rapport et fera sans aucun doute débat au sein de la classe politique comme dans les milieux socio-économiques. Toutes méritent que nos décideurs prennent la mesure de leur impact.
En ce qui me concerne, j’ai choisi lors de deux conférences données à la Place des Affaires de renchérir la proposition relative à la volonté et aux capacités de nos PME à travailler ensemble avec leurs pairs, mais aussi avec des chercheurs tout en bénéficiant de l’appui structurant des collectivités publiques. Je propose aux dirigeants des PME qu’ils prennent en compte des approches stratégiques pour diriger leurs affaires et qu’ils considèrent effectivement des rapprochements pour mutualiser certains coûts d’opération. Les clusters ou grappes d’entreprises sont une des solutions à leur disposition. Mais combien sont-ils à en profiter ?
Pour avoir rodé une présentation sur ce thème, je reste à votre disposition pour parler de cela avec votre CCI, votre fédération ou tout autre organisme qui envisage de dynamiser la productivité de ses adhérents.
Jean-Claude MORAND – 5/2/2010