lundi 18 février 2013

Les dirigeants réunis par Haute-Savoie Avenir s’associent à l’action pour Annecy-Paris ferroviaire en 3 h 15.

Le Conseil stratégique Haute-Savoie Avenir auquel je participe, sert principalement à la réflexion des dirigeants du département (chefs d’entreprises, banquiers, universitaires) sur des sujets transversaux se rapportant à l’environnement économique. Les transports constituent un sujet majeur.

Il y a juste un an, lors de la réunion du 10 février 2012, le Conseil de Haute-Savoie Avenir avait anticipé en prenant position à l’occasion de l’enquête publique sur le Lyon-Turin ferroviaire. Cette position consistait à dire que dans le projet Lyon-Turin, la partie utile pour la Haute-Savoie était la ligne mixte Lyon (contournement est de Lyon à hauteur de St-Exupéry) - Chambéry, mais qu’il était impératif d’avoir en complément une perspective d’inscription de travaux d’amélioration du Sillon alpin nord Aix-les-Bains – Annecy.

Le problème

Depuis cette réunion de début 2012, les perspectives concrètes d’amélioration de la desserte Annecy – Paris ne se sont pas précisées, et deviennent même encore plus incertaines par ailleurs avec les menaces sur la ligne aérienne. De nombreux usagers – de tous milieux et de toutes professions – considèrent que cette situation – totalement anachronique – devient proprement intolérable.

La création du CODERSAN a permis de dénoncer ce handicap sévère d’une relation ferroviaire Annecy – Paris d’une durée de l’ordre de 4 heures, alors même qu’un certain nombre de villes et départements comparables ont bénéficié d’améliorations substantielles au cours des dernières années. Annecy ne cesse de reculer sur la carte des « iso-temps » qui mesure la durée de desserte des villes de France depuis Paris, cœur du réseau ferroviaire national. La difficulté de réaliser l’aller-retour Annecy – Paris dans la journée est un véritable handicap pour nos populations, pour notre industrie, pour notre tourisme.

Il est urgent de réagir, à la fois par des démarches et par un mouvement d’opinion. Les démarches ont été lancées en direction du Premier Ministre, du Ministre des Transports, du Préfet de Région, du Président du Conseil Régional. Les « forces vives » du département s’associeront à ces démarches, aux côtés des élus du département, notamment parlementaires et Conseil Général.

Les solutions possibles

A ce jour, les perspectives d’amélioration demeurent gravement insuffisantes. La seule espérance à terme encore éloigné est liée au Lyon – Turin ferroviaire, avec l’avancée que peut représenter la ligne mixte Lyon (contournement est de Lyon) – Chambéry.

Mais dans les arbitrages faits dans le cadre du Contrat de Projets Etat – Région (C.P.E.R.), la modernisation indispensable du Sillon alpin nord Chambéry – Aix-les-Bains – Annecy a été jusqu’ici délaissée. Au titre du C.P.E.R. 2007 – 2013, une étude d’augmentation de capacité du sillon alpin nord a été mentionnée, elle a fait l’objet d’une simple convention de financement de 6 M€ d’études. Au cours de la dernière session budgétaire, nos conseillers régionaux ont obtenu une décision de principe d’inscrire au C.P.E.R. 2014 – 2020 des crédits de travaux.

Ces crédits restent à déterminer et ils devront être très substantiels. Ce dossier présente certes des obstacles à surmonter en raison de contraintes techniques à la sortie d’Aix-les-Bains ou à l’entrée d’Annecy, qui peuvent se traduire ponctuellement par des coûts élevés. Mais de tels obstacles n’ont-ils pas été surmontés dans le département pour des projets autoroutiers ou ferroviaires au moins aussi complexes ? Des évaluations doivent être faites et, si des difficultés sont avérées, elles doivent être étudiées et surmontées. C’est une question d’arbitrage dans les priorités !

L’action à mener

En trouvant les bonnes solutions techniques et financières, nous devons avoir comme objectif d’avoir rapidement une perspective claire : celle de ramener dans 5 ans la durée de desserte Annecy – Paris à 3 h ¼.

Ce projet n’est pas une utopie, à condition de suivre la bonne méthode. Nous pouvons nous appuyer sur une référence précieuse : l’autoroute A 41 nord. L’analogie des 2 dossiers est frappante. L’Etat nous disait : « l’A 41 nord est un projet impossible ». Il a fallu démentir les objections initiales des technicien par : 1/ une pression conjuguée des élus et des milieux économiques (CODESTAN), 2/ une gestion active du dossier, en contre-expertise par rapport à l’Etat et à la Région dans tous les domaines : comparatifs route/autoroute, estimations de trafic, élaboration du cahier des charges de concession avec le ministère, ingénierie financière, etc…

Il faut rappeler cette référence, car sans le soutien populaire dont avait bénéficié le projet d’autoroute entre Annecy et Genève, jamais nous n’aurions pu aboutir à la réalisation de ce tronçon autoroutier qui a changé la vie quotidienne de nombreux travailleurs frontaliers et l’ouverture du bassin annécien sur Genève et sa dimension internationale.

Nous souvenant de cet exemple, nous devons rappeler que des crédits d’études dépourvus de toute ambition ne peuvent qu’entériner des travaux «  a minima », avec un délai sans cesse repoussé. Rappelons aussi que certains autres projets ferroviaires ont été lancés sur la base de chiffrages incertains et que c’est la pression des élus et de l’opinion qui a permis d’obtenir l’inscription des travaux de grande ampleur, y compris pour des mises en souterrain qui apparaissaient au départ utopiques dans des zones péri-urbaines pas plus denses que celles des abords d’Aix-les Bains ou d’Annecy.

Haute-Savoie Avenir apporte un soutien déterminé au CODERSAN, qui exprime la vigilance des dirigeants économiques. Le CODERSAN, comme l’a fait le CODESTAN pour A 41 nord, veut faire reconnaître le sillon alpin ferroviaire comme une priorité pour obtenir Annecy-Paris en 3h15 dans les 5 ans. Il ne se limitera pas à une action de lobbying, il veillera avec les « forces vives » à l’avancement d’une solution à la hauteur des enjeux : une solution qui soit une vraie amélioration, car il ne faut pas se contenter d’aménagements a minima. Le CODERSAN sera constructif, mais exigeant, il sera une force de contre-expertise et de proposition.

Il s’agit de faire passer du 19ème au 21ème siècle les déplacements qui sont déterminants pour l’avenir de nos populations et de notre économie.

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