dimanche 28 février 2010

La liste UMP en Haute-Savoie pour les régionales = Expérimentation + Professionnalisation

28/02/10 - Ce n’est pas ma culture suisse qui me fait réagir aussi longtemps après l’annonce de la liste des partis de droite pour les élections régionales, mais la nécessité de comprendre comment les choix ont été faits et pourquoi certains noms apparaissent en position éligibles et d’autres pas. Cette liste est séduisante à plus d’un titre par ses caractéristiques de professionnalisation et d’expérimentation proposées. Mais, je dois avouer n’avoir pas tout compris. Alors si vous êtes un lecteur éclairé, vous pouvez apporter des explications supplémentaires dans vos commentaires.

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Source : Dauphiné Libéré du 9 février 2009

Le rôle des Conseillers Régionaux est mal connu et pour cette élection, l’enjeu n’est pas aussi important que par le passé parce qu’ ils seront investis que pour trois ans, juste le temps de finaliser la nouvelle organisation qui doit aboutir à la fusion des rôles des conseillers régionaux avec ceux des conseillers généraux et ainsi donner naissance aux Conseillers Territoriaux qui exerceront probablement dans les deux assemblées. Sachant que tous les sondages annoncent la gauche gagnante dans notre région et que dans ce cas, les possibilités d’influencer la politique régionale par les conseillers de droite seront sensiblement réduites, les postes clefs étant réservés aux partis majoritaires, que pouvait faire la droite pour établir cette liste ?

En regardant, la composition de cette liste j’observe deux grandes tendances : La professionnalisation et l’expérimentation.

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La professionnalisation avec l’arrivée de plusieurs attachés parlementaires qui connaissent parfaitement les dossiers qu’ils devront traiter. C’est le cas de l’avocate Sophie DION qui fera bénéficier la Région de ses appuis nationaux étant actuellement au service de la Présidence de la République. C’est aussi le cas de Virginie MULLER et de François CARBONNEL qui sont respectivement les attachés parlementaires des Députés Claude BIRRAUX et Bernard ACCOYER aussi Président de l’Assemblée nationale. Là encore, ils seront - sans doute - des interlocuteurs compétents et pourront apporter des arguments de poids pour influencer les décisions futures. En vieux renard de la politique, Jean-Claude CARLE est là pour les guider dans leurs premiers pas à Charbonnière. Car n’oublions pas que la politique c’est aussi un jeu d’influence, de lobbying et de relations tout autant que de l’application de techniques ou d’avis d’experts.

L’expérimentation, car on ne devient pas un homme d’Etat du jour au lendemain. Des jeunes peuvent avoir l’ambition d’influencer leur cadre de vie, de prendre des responsabilités, d’apporter des idées nouvelles. Mais, faut-il encore qu’ils aient un référenciel et qu’ils puissent sans trop prendre de risques pouvoir observer le mode de fonctionnement des hommes politiques. Alors, cette élection est une opportunité unique, car l’exercice de ce mandant présente toutes ces caractéristiques. Ils pourront ainsi pendant trois ans apprendre et pouvoir s’ils en démontrent les capacités humaines et la motivation, se lancer dans d’autres aventures politiques en 2014. Sur ce point, Sophie DION ne cache pas son ambition en réponse à un journaliste du Messager. C’est dommage pour des conseillers sortants comme Serge HAZARD ou Astrid BAUD. Je crois pour ma part que le sacrifice de la seconde peut en faire une victime. Si elle sait exploiter sa nouvelle situation et le temps qui lui sera donné, elle pourra se positionner pour d’autres mandats politiques encore plus importants. Je ne peux m’empêcher de regretter qu’en politique comme dans l’entreprise, on soit considéré comme un sénior dès 50 ans…sauf si vous êtes au sommet de la hiérarchie. Au regard, des qualités humaines et techniques que devraient détenir un représentant du peuple, certains membres de la liste auraient mérité d’être mieux préparés pour défendre les idées et dossiers dont ils seront les porteurs. Mais n’est pas là le résultat de négociations habiles et complexes ?

N’oublions pas que la situation économique actuelle a, et va avoir, des retombées sociales et politiques importantes pour les prochaines échéances politiques. Le Monde souligne ainsi dans un article du 9 février que 20'000 emplois ont été perdus en une année dans la région. Au niveau, local des emplois ont pu être maintenus, en particulier dans la vallée de l’Arve, grâce aux multiples aides publiques, mais pour combien de temps sachant que le décolletage est bien plus confronté à une crise structurelle que conjoncturelle ? Genève reste le premier pourvoyeur d’emplois en Haute-Savoie voit aussi son économie s’essouffler et les travailleurs frontaliers deviennent la cible de certains partis politiques. En conséquence, en plus des licenciements potentiels, c’est le moteur économique qui marque une pause. Les départs à la retraite ne sont pas remplacés, cela touche les jeunes qui trouvent de plus en plus difficilement des emplois à proximité. Nos futurs conseillers régionaux ne pourront pas, en trois ans, changer les orientations actuelles qui ne sont pas toutes mauvaises ! Par exemple, le journaliste du Monde souligne les efforts entrepris par l'exécutif régional en direction de l’enseignement supérieur. Efforts qu’il convient de maintenir, car tous les experts s’accordent pour admettre que l’innovation est le moteur de l’économie et qu’elle est souvent le fruit de la recherche. Il reste donc à s’assurer que les 183 millions d’euros apportés par le Conseil Régional soient bien utilisés. Mais comment évaluer les politiques d’investissements ?

La liste présentée par les partis de droite est une liste de candidats pour préparer la relève politique à long terme qui doit aboutir à l’émergence de nouveaux leaders au cours de la prochaine décennie. Il devront et leurs qualités les préparent à cela, être autant de force de proposition pour faire avancer les dossiers régionaux. 

jeudi 25 février 2010

Impressions de Lionel TARDY sur les JO de Vancouver ... et la candidature d'Annecy pour les JO d'hiver de 2018

Notre Député de la 1ère circonscription a eu le privilège de pouvoir rester assez longtemps à Vancouver pour mener une action de lobbying en faveur de la candidature annécienne. Son compte rendu ne me donne pas une impression très optimiste des chances pour notre département. Les investissements et les choix marketing des concurrents, à la lecture de ce texte, semblent avoir été plus pertinents ou en tout cas plus visibles.


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Un écran de 10m de long au Club de la Corée du Sud (Photo Lionel Tardy)

Pour en savoir plus, je vous renvoie sur le blog de Lionel TARDY :
Mes impressions sur les JO de Vancouver ... et la candidature d'Annecy pour les JO d'hiver de 2018

Jean-Claude MORAND

mardi 23 février 2010

La “e-reputation” s’applique aussi en politique

Nouvel enjeu du marketing, les annonceurs cherchent de indicateurs de présence en ligne. Une technique que le retrouve sous le terme de “e-reputation” consiste à mesurer la présence d’une marque sur le Net. Le premier moyen, le plus simple consiste à chercher le nom de la marque sur les moteurs de recherche et de comparer les résultats à la concurrence.

Aujourd’hui, j’ai essayé un outil de mesure de la présence sur les réseaux sociaux avec l’outil expérimental www.howsociable.com.

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Ce système propose un indicateur de présence établis à partir de 32 indicateurs calculés en fonction du nom de la marque saisi.

Une mesure applicable au marketing des entités touristiques

Dans l’exemple ci-dessus, j’ai repris le nom de la station des Gets en Haute-Savoie qui se voit attribuer 201 points. Le même outil donne 728 points pour Annecy, 666 pour Chamonix et 4357 pour “coca cola”. Cela donne un idée de la popularité de la marque sur les réseaux sociaux.

Une mesure applicable au marketing politique

Alors en cette période d’élection régionales, j’ai aussi testé l’outil avec la marque “UMP” qui obtient 779 points contre plus de 4000 pour le mot “PS”. Un peu surprenant d’obtenir un tel écart. Les lettres saisies peuvent sans doute avoir plusieurs significations ou la chaine de caractères se rapporter à d’autres choses, sachant que l’outil ne propose pas encore de définir le domaine ontologique de la recherche.

Dans la foulée, je me suis lancé dans une analyse du positionnement de quelques personnalités de la liste UMP aux régionales en considérant que dans leur cas, leur nom était de facto leur “marque”. Voici les scores obtenus :

Personne/”Marque” Points Explication
Bernard ACCOYER 78 Sa position de Président de l’Assemblée nationale lui assure une bonne visibilité.
Lionel TARDY 64 Son activité sur le Net dans le cadre de la loi HADOPI lui a assuré un bon écho sur le Net.
Astrid BAUD 45 Son blog et sa présence sur Facebook sont sans doute à l’origine de ce bon positionnement.
Sophie DION 44 Il existe de nombreuses personnes portant le même nom, ce qui fausse les résultats.
Virginie MULLER 41 Très active sur Facebook, son score est honorable.
Jean-Claude MORAND 36 Je ne suis (pas encore) un élu, ni candidat…mais mes publications m’assurent une petite notoriété en ligne…je dois pouvoir faire mieux. Mais pourquoi le ferais-je ?
Pierre HERISSON 27 Notre sénateur n’est pas vraiment un adepte des réseaux sociaux.
Jean-Claude CARLE 16 Rien de surprenant, lorsque l’on a entendu la tête de liste déclarer qu’il préférait le "carnet de la fruitière" à Internet !
Jean-Luc RIGAUT 14 Le maire d’Annecy semble plutôt discret sur le Net, malgré son implication pour soutenir la candidature de la ville pour les JO.
Anabel ANDRE 6 La nouvelle arrivée sur la liste n’a pas encore de présence en ligne.

dimanche 21 février 2010

Espoirs pour l'évolution de la coopération transfrontalière

J’ai souvent eu l’occasion de rappeler dans mes billets l’importance de l’apport économique de la Suisse voisine pour l’économie haut-savoyarde. Aujourd’hui, plus de 30’000 personnes traversent la frontière pour des raisons professionnelles. C’est environ 30% d’emploi de plus que ceux générés par l’industrie touristique dont ont parle tant (à juste raison) dans notre département. C’est aussi le premier employeur soit presque 20 % des postes de travail disponibles. Le dynamisme économique de nos voisins helvètes pose aussi quelques problèmes pour le développement de notre industrie, les règles fiscales n’étant pas les mêmes des deux côtés de la frontière. C’est ainsi que j’ai eu le plaisir de travailler pendant 6.5 ans au siège mondial d’un société française à Genève et Lugano dont la motivation principale de la présence dans la citée de Calvin est liée aux principes de taxation des holdings actifs bien plus avantageuses en Suisse qu’en France. Situation pour le moins anormale lorsque l’on sait que l’actionnaire principal est téléguidé par les Etats français et Italiens.

Cette problématique n’échappe plus aux élus frontaliers qui essaye d’influencer la politique transfrontalière de notre pays. Une première état a été d’organiser un colloque dont vous pouvez lire les conclusions ci-dessous.


Placé sous le haut-patronage du Premier ministre, M. François Fillon, ouvert par M. Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée Nationale, organisé par Pierre Lellouche, Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, le colloque Les Français et leurs voisins. Quelle politique transfrontalière pour la France ? Enjeux pour l’Etat et les Collectivités Territoriales" s'est déroulé le mardi 9 février 2010 au Palais des Affaires étrangères.

Il s'est articulé autour de trois tables rondes qui ont permis de traiter de l’emploi dans les régions frontalières, de la vie quotidienne des frontaliers (transports, soins de santé, questions sociales…) et de la gouvernance nationale et européenne des questions transfrontalières.

Ce colloque a réuni autour des Ambassadeurs, Préfets et Consuls généraux en poste dans les Etats et régions frontaliers, de nombreux Parlementaires et élus ainsi que des représentants des pays voisins. Ont notamment participé à ce colloque M. Victor Morlan, Secrétaire d’Etat espagnol pour la Planification et les Infrastructures, M. Jean-Marie Halsdorf, Ministre de l’Intérieur et à la Grande Région du Luxembourg, et M. François Longchamp, Président du Conseil d’Etat du Canton de Genève
Un certain nombre de propositions ont été établies parmi lesquelles :


  • mettre en place un secrétaire général ou d’un haut commissaire aux questions transfrontalières qui serait rattaché au Premier ministre ;


  • mettre l’Etat au service des collectivités pour les aider et les appuyer dans leurs démarches avec leurs voisines, notamment en matière de fiscalité, de social, d'infrastructures importantes, de santé, d'éducation...


  • maintenir et renforcer le rôle de guichet unique local dans les préfectures et les ambassades, notamment via les consulats ;


  • étabir avec chaque pays voisin un dialogue politique transfrontalier rassemblant annuellement tous les acteurs nationaux et locaux (selon le modèle de la commission mixte franco-luxembourgeoise visant à renforcer la coopération transfrontalière) ;


  • renforcer l’action de l’Union européenne dans le domaine transfrontalier, par exemple en développant des projets structurants transfrontaliers européens dans les transports, les télécommunications ou l’énergie.





Lors de son discours de clôture, Pierre Lellouche a rappelé que la mission parlementaire sur les questions transfrontalières mandatée fin décembre 2009 par le Premier ministre rendrait son rapport intermédiaire fin-février et son rapport final au printemps prochain.

Il a également annoncé qu’une vaste "consultation citoyenne", serait organisée au printemps au travers de débats menés dans chaque préfecture de département frontalier et via un site internet mis en en place en liaison avec le ministère de l’Espace rural et de l’aménagement du territoire. C’est sur la base de cette consultation et du rapport parlementaire qu’un plan gouvernemental d’actions serait élaboré.

Pour en savoir plus http://www.gouvernement.fr/gouvernement/un-nouvel-elan-pour-la-cooperation-transfrontaliere

samedi 13 février 2010

Joël De Rosnay nous livre sa vision du futur de notre société

AccueilDepuis le début du 20e siècle, notre SOCIETE vit une mutation extraordinaire tant sur le plan technologique que sur le plan social. Les choses semblent s’accélérer en ce début du 21è siècle : une catastrophe se déroule en Asie ou à Haïti et voilà que la solidarité de tous les pays trouve une juste cause. Quelques banquiers mettent en péril les équilibres économiques et voilà que tous nos dirigeants s’associent pour éviter une crise majeure comme certains l’ont connues en 1929.

Pendant ce temps les chercheurs de toutes les disciplines partagent leurs connaissances pour créer un environnement intelligent et ce que Joël de Rosnay appelle le web symbiotique. Au delà des termes et des technologies, ces avancées de la science façonnent une nouvelle forme société. Une nouvelle société dont le contrôle échappe à la plus grande partie de nos dirigeants aveuglés par le succès immédiat de leur parti ou d’une élection, ou du résultat trimestriel de leur société cotée en bourse. Alors, je rejoint Joël de Rosnay dans sa conclusion de son exposé : Qui contrôlera le monde dans 20, 30 ou 50 ans ?

Une présentation pour le moins fascinante de Joël De Rosnay au TEDx de Paris fin janvier 2010. Que pouvons-nous retenir de ces prédictions aux quelles je crois beaucoup ? Comment anticiper les changements sociaux, économiques, techniques ? Que faire pour maintenir notre compétitivité personnelle, celle de notre environnement proche ? Comment nos politiques peuvent-ils intégrer ces visions dans les décisions à long terme qu’ils prennent ? La Haute-Savoie (où la Région Rhône-Alpes puisque nous sommes en période électorale) peut-elle saisir des opportunités en ce domaine ?

Si vous vous intéressez au futur de votre environnement, ces 16’45 de vidéo ne vous laisseront pas insensible. Ensuite, n’hésitez pas à partager vous réactions dans les commentaires de ce billet.


 

Mots clés Technorati : ,,

mardi 9 février 2010

La recherche en tourisme : qu’en attendez-vous ?

Si vous êtes un élu ou un professionnel du tourisme et que vous lisez ce blog, vous avez peut-être des attentes pour que les Alpes conservent leur leadership en matière touristique. Que les processus, les produits, les moyens de distribution soient toujours considérés comme les meilleurs et que nous puissions toujours avoir l’écoute des touristes et voyageurs du Monde.

imageLe prochain colloque de l’Institut Français du Tourisme doit être dédié à la recherche. Après une première édition en Mai 2009 dont je me faisais l’écho sur mon blog technologie et marketing, les responsables veulent maintenant franchir un nouveau pas pour stimuler la recherche au sein de l’industrie touristique et susciter des idées pour les laboratoires universitaires, les entreprises privées et pour donner des pistes aux organismes publics qui injectent de l’argent en ce domaine.

Alors vous, qui êtes des professionnels du tourisme que souhaitez-vous que la “Recherche” vous apporte ?

Quels sont les grands défis pour lesquels vous souhaiteriez voir les chercheurs vous apporter des solutions ?

Quels sont les thèmes que vous souhaiteriez que les chercheurs approfondissent à 5 ou 10 ans ?

Que souhaiteriez-vous entendre lors de ce second débat sur la recherche ?

Vos idées seront compilées et remises aux organisateurs qui m’ont sollicité pour les aider à définir un agenda.

N’hésitez pas à poster des suggestions dans les commentaires.

samedi 6 février 2010

Web 2.0 : Opportunités pour l’entreprise

Web20-TelecomLe dernier numéro spécial Web 2.0 de la revue Télécom est paru. Il est intitulé « Web 2.0 : opportunités pour l’entreprise » et j’ai le plaisir de présenter quelques idées à l’occasion d’une table ronde virtuelle aux côtés de Joël De Rosnay. J’apprécie la confiance que David FAYON Co-rédacteur en Chef de cette revue spéciale, m'a accordé en me sollicitant pour exprimer mon opinion pour un lectorat d'experts.

Je propose dans cet article quelques idées de développement du Web 2.0 et plus généralement de l’utilisation des nouvelles technologies par les entreprises. Quelques-unes des autres signature de cette revue sont  Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’État à la prospective et à l’économie numérique, Viviane Reding, Commissaire européen,  Didier Krainc, DG IDC France, bien entendu David Fayon, auteur de Web 2.0 et au-delà et de Facebook, Twitter et les autres..., et pour la table ronde : Emilie Ogez, Ludovic Dubost, David Fayon auteur deWeb 2.0 et au-delà”, Jean-Paul Figer, Louis-Aimé de Fouquières, Philippe Hilsz, Xavier Marvaldi,  Louis Naugès, Joël de Rosnay et Hubert Ségot et votre serviteur.

Pour ne prendre qu’un extrait je considère que “…les objets vont certainement être une source d’interaction, mais nous allons aussi progresser dans le domaine de l’intelligence collective en profitant de celle acquise par chacun des membres des réseaux sociaux auxquels nous appartenons. A l’heure actuelle, le standard FOAF n’est utilisé que pour identifier les personnes au sein des communautés virtuelles. De nouvelles applications permettront d’étendre ce concept aux caractéristiques propres à chacun des membres. Par exemple, lors de la préparation d’un voyage, une application qui saura utiliser ce standard, pourra identifier les personnes qui ont visité la même destination et pourra également sélectionner le type de voyage proche de vos goûts personnels en partant du principe que vos amis ont probablement des centres d’intérêts proches des vôtres.”

Pour en savoir un peu plus, mon billet sur mon blog nouvelles technologies est un peu plus détaillé ici

Pour recevoir la revue Télécom, adressez un chèque de 11 euros (franco de port) avec vos coordonnées à Revue Télécom, 46 rue Barrault, 75 013 Paris (chèque à libeller à l'ordre de l'AIST).

Acteurs du tourisme donnez-vous les moyens de maintenir votre présence sur le marché : de nouveaux concurrents arrivent !

Alors que la grande majorité des acteurs du tourisme concentrent leurs efforts à améliorer la nature et la qualité des produits offerts, une mutation très importante se déroule en ce qui concerne les processus de mise en marché, modifiant en profondeur les rôles des Office de Tourisme et agents de voyage traditionnels.


Il ne s’agit pas d’une bulle qui grossirait en quelques mois. Non, car dès le début des années 60, les techniques de l’intelligence artificielle suscitaient l’intérêt de nombreux chercheurs. Ainsi, Joseph Weizenbaum créait un agent nommé Eliza entre 1964 et 1966. Ensuite de nombreux autres s’essayèrent à cet exercice ; par exemple APPLE proposait en 1988 ( ?) un navigateur de la connaissance (Knowledge Navigator) car, l’enjeu majeur est bien de mettre à disposition des utilisateurs des éléments de connaissance implicite. C'est-à-dire des éléments que l’utilisateur ignore l’existence. Il ne peut donc expliciter une question sur ce thème. Par exemple, si vous venez à Annecy début juin 2010 vous ignorez probablement ce qu’il vous est possible de faire. Un agent intelligent pourra vous proposer proactivement de visionner quelques films du festival du film d’animation.

En 1994, Eberhard Schoneburg un professeur de réseaux neuronaux (Neural Network) de Berlin créait un programme de gestion d’agents personnels commercialisé par Artificial-Life qui s’est depuis recentré sur les jeux vidéo en ligne pour les smartphones. C’est avec son programme que je créais mon premier agent, non sans difficulté, que j’ai utilisé alors que je donnais quelques cours d’e-Marketing à l’IUP d’Annecy-le-Vieux en 1995. Le virus était dans mon esprit !

En 2007, j’ai récidivé avec MAKEDA, un agent de voyage virtuel qui reprenait les connaissances accumulées par Luigi CANTAMESSA un expert de l’Ethiopie et auteur d’un guide sur ce pays publié chez Olizane, agent présenté lors du salon du livre de Genève en mai 2007. Pour ce premier agent de voyage virtuel, j’ai eu recours à AIML un langage de programmation mis au point par le Dr. Wallace. Les variantes de ce langage sont maintenant utilisées par les quelques entreprises qui se sont spécialisées dans la création d’agents personnels mais aucune à ce jour ne s’intéressait au tourisme.  C’est l’un de mes rêves et j’essaye toujours de transformer l’essai et de créer une entreprise autour de ce concept.

Une startup américaine retient actuellement mon attention car je crois qu’ils sont en train de franchir un pas technologique et de proposer des applications qui modifieront en profondeur le comportement des voyageurs et touristes au cours des mois et années à venir. Si vous comprenez l’anglais, visionnez la vidéo jointe et dans le cas contraire visionnez la démonstration qui se trouve à la fin de celle-ci.



Nous avons en France quelques laboratoires du CNRS qui travaillent sur ce concept dont le LIP6 à Paris, le LIRIS à Lyon et le LIG à Grenoble sans compter les travaux internes à France Télécom. Mais aucune équipe, à ma connaissance, ne dispose des moyens de SIRI dont les fondateurs vous présentent leur produit dans la vidéo annexée à ce billet. En premier lieu, il s’agit d’un spin off d’un programme de recherche de la DARPA qui était de doté de 200 millions de dollars. Cette start-up bénéficie également d’un apport en fonds propres de deux sociétés de Venture Capital à hauteur de 25 millions de dollars. Ces moyens financiers et l’esprit d’entreprise qui anime les chercheurs américains les positionnent bien pour offrir au marché des voyageurs et touristes des conseillers de voyage de plus en plus intelligents. A la fin de cette vidéo, vous découvrirez une démonstration de ce qu’ils proposent aujourd’hui en matière d’assistance embarquée tout en sachant qu’ils se donnent comme objectif d’ajouter un nouveau service chaque mois ! Un peu comme l'on apprend à un enfant un nouveau mot chaque jour. La puissance des traitements informatiques et le développement des standards d’interfaçage aidant la création d’API et de webservices il devient de plus en plus aisé d’aller chercher les éléments de connaissance implicite que j’évoquais au début de billet. Et c’était précisément la principale valeur ajoutée des agents de voyage jusqu’à présent. Valeur ajoutée déjà érodée avec l’apparition des sites web et des moteurs de recherche, voici donc maintenant une concurrence nouvelle qui met à risque ce métier.

En France, le niveau de recherche supporte largement la comparaison avec celui des laboratoires américains, mais il manque au moins deux éléments pour que des entreprises nationales puissent rivaliser avec les entreprises américaines :

1. Le niveau de financement – De part les possibilités de défiscalisation de l’ISF offertes par la loi TEPA de nouveaux apports en fonds propres sont venus soutenir les PME mais uniquement pour des tickets oscillant entre 50 et 200 K€. A de rare exceptions pour des montants supérieurs à 500 K€. Les réductions fiscales accordées sous forme de Crédit Impôt Recherche (CIR) sont également appréciable pour financer la R&D. Les appels à projets du Ministère de la recherche pour la création d’entreprises de technologie innovante sont eux limités à 450 K€ et sont naturellement destinés à développer et valoriser des programmes de recherches issus de laboratoires. Les entreprises ont certes besoin de financer la R&D mais également la mise en marché et la production des produits et s’il l’on prend l’exemple de SIRI ou encore de VIRTUOZ ces besoins s’expriment en dizaine de millions de dollars ou d’euros. Des fonds qu’il est quasiment impossible de trouver en capital d’amorçage (seed capital) en France.
2. L’esprit entrepreneurial des chercheurs – Que cela soit pour une question de statuts ou beaucoup plus pour une conception de la société, il m’apparaît que les chercheurs ne sont pas attirés par la vie de l’Entreprise, par la recherche de la profitabilité. Je n’ai pas vraiment trouvé d’interlocuteur qui avaient envie comme les fondateurs de SIRI de se lancer dans une approche mercantile. Au contraire, j’ai parfois l’impression que la recherche du gain est incompatible avec la recherche. De l’autre côté le monde de l’entreprise, et dans ce cas plus particulièrement celui de l’industrie touristique ont encore beaucoup de mal à appréhender les nouveaux concepts du web sémantique, des standards XML, de l’intelligence artificielle et autres techniques qui modifient pourtant en profondeur leur métier et le comportement des consommateurs. Ainsi, en quelques années, l’initiative de l’innovation en ce qui concerne la mise en marché des produits touristiques est passée des agences de voyage et Office de Tourisme traditionnels à de nouveaux acteurs en ligne comme Expédia ou Voyages-SNCF. D’autres comme SIRI ou Google se profilent en laissant pantois la grande majorité des acteurs touristiques français.

Pour ma part, j’espère toujours trouver 4 millions d’euros qui me permettraient de formellement créer bots4you d’affronter au moins partiellement SIRI avec l’aide des laboratoires de recherche mentionnés alors si vous êtes un VC… je tiens à votre disposition un business plan complet vous assurant aussi un retour sur investissement confortable, car les conseillers de voyage virtuels travaillent 24h/24 7j/7, et ne perdent que rarement la mémoire. Sans compter qu’en plus des fonctionnalités présentées dans cette vidéo, d’autres possibilités technologiques et « sociales » existent pour aller encore plus loin dans un proche avenir.